samedi 14 novembre 2009

corps à coeur

Morceau à sélectionner: Schallstrom - Apparat

J'aime les corps. C'est comme ça, je n'y peux rien.
Ci-contre, un modèle masculin qui m'a touché, immortalisé aujourd'hui au fusain. Souvenir de 2008.

Séance plus récente avec ci-dessous deux nus féminins toujours au fusain.

Quel dommage que le stage de modèle vivant de cet après-midi ait été annulé! Alors pour compenser, nous allons au musée des beaux arts pour l'expo des modernes puis nous irons dessiner les sculptures avec Vanessa et peut-être d'autres qui se joindront à nous. J'espère pouvoir vous montrer des choses satisfaisantes prochainement.

Cette semaine j'ai lu le tome 5 de Code Mc Callum (Duval + Cassegrain), toujours super rythmé et avec de beaux dessins et des personnages sensuels. Même reproche que pour les albums précédents: certains personnages masculins se ressemblent un peu trop (même carrure , traits similaires). Mais bon, ils ont fait un grand ménage dans cet album, car c'est le massacre! Les nouveaux personnages semblent plus typés. Affaire à suivre.

J'ai aussi lu le tome 1 de La vie secrète. Il s'agit plutôt d'un roman graphique. J'aime bien son graphisme et son découpage. L'histoire est plutôt intéressante et me rappelle une pièce de théâtre que j'ai vue récemment. Fredman y décrit le mal-être d'un homme dont le père a fait partie des unités de Waffen nazies et a participé à l'extermination des juifs. Le père est sur son lit de mort, mais un pardon est-il possible? Les personnages tiennent des propos qui manquent un peu de naturel, mais ça se laisse lire.

mercredi 4 novembre 2009

Reprise

Morceau à sélectionner: All things to all men - The Cinematic Orchestra Vacances denses et intenses qui s'achèvent demain. Découvertes en tous genres, instants partagés et solitaires. Annecy, Chamoux sur Gelon, Grenoble, Lyon. Très bonne surprise: les sketchbooks de Virginie Augustin et d'Olivier Valentine aux éditions COMIX BURO font saliver d'envie (de jalousie peut-être?) Vraiment une très bonne idée que de publier ces extraits de carnets de croquis plus ou moins aboutis mais dont la force, l'énergie, l'esthétique et le talent sont incontestables. Un très bel exemple de ce que je devrais parvenir à faire avec mes propres carnets de croquis, de ce que j'aurais dû faire depuis longtemps. En tout cas j'en ai très envie. Moins de flemme, plus de discipline. Faire des choix simple... La nouvelle du décès de mon parrain dont je n'étais pourtant pas si proche m'a affecté plus je ne l'imaginais, m'a refermé comme une huitre alors même que je croyais m'ouvrir. Moi qui m'étais décidé à lui réserver un rôle un jour dans une de mes histoires, le questionner sur sa vie d'agent à la DST dont j'ignore tout mais dont j'aurais pu m'inspirer. Maintenant il est trop tard. Toutes ces choses qu'on remet à plus tard comme si on avait le temps devant soi. La fin arrive si brutalement, toujours trop vite. Tout ce chemin qu'on souhaite parcourir sans parvenir à son terme. Je pense tout de même lui dédier ma BD si je parviens à lui donner le jour, un jour, avant que ma fin à moi n'arrive. Aujourd'hui: aquarelle de Jena commencée l'été dernier in situ et achevée une fois rentré.

mercredi 21 octobre 2009

Pourquoi attendre?

Morceau à sélectionner: Bitter Sweet Symphony - The Verve

Pour quoi attendre et remettre au lendemain? Pourquoi mes dessins faits en cours dormiraient dans un carton avant que je ne me décide à leur trouver enfin de l'intérêt au bout de plusieurs semaines voire des mois? Suis-je déjà trop exigeant alors que le fait même de créer est un petit miracle en soi? Toujours ce travail qui passe avant le reste. Toujours cette crainte de (me) déplaire ou de laisser voir autre chose de plus (trop?) personnel. N'étant qu'amateur je pense avoir un droit à l'erreur, avoir le droit de ne pas être tout à fait satisfait avant de publier quelque chose. Aussi dois-je accepter que mes dessins soient (mal) interprétés... C'est inévitable. Chacun met un peu de lui-même lorsqu'il observe un dessin, un peu comme les tests de Rorschach. C'est à travers les yeux de l'auteur que l'on perçoit le monde, c'est à travers notre regard de spectateur qu'on le perçoit celui qu'on nous décrit. Et puis zut! Un petit dessin vaut mieux qu'un long discours qui n'a peut-être après tout aucun message à délivrer, aucune idée à défendre, aucun propos à illustrer, qui est là un point c'est tout, pour divertir et non interroger, agrémenter nos vie d'images.

jeudi 15 octobre 2009

Nancy

Morceau à sélectionner: Prelude - The Cinematic Orchestra

"Il va nous revenir avec une aquarelle de la place Stanislas ou des esquisses de façades art-nouveau, c'est sûr!", vous êtes-vous peut-être dit. En tout cas ceux qui savaient que j'y allais.
Et bien non. Je ne suis resté qu'une matinée seul et j'ai beaucoup marché afin d'en découvrir un maximum sur cette ville que je ne connaissais pas. L'alternance de pluie et d'éclaircies et le froid m'empêchaient de rester au même endroit trop longtemps. Malgré tout j'ai pu faire un portrait. Et oui, mais de qui?
J'ai fait une rencontre qui m'a beaucoup touchée dans le parc de la pépinière avec un vieux chimpanzé. Il s'appelle Jojo, il a 58 ans (je le sais après avoir effectué une recherche sur internet). Tout d'abord assis me tournant le dos, seul dans sa cage, les idées probablement engourdies par l'heure matinale, immobile, il est ensuite venu à notre rencontre - une petite famille venait de me rejoindre. Après un bref regard inquisiteur il est allé se percher sur sa montagne factice, presque à l'abri des regards. Après être redescendu pour se dégourdir à nouveau les membres, il est reparti dans son antre sur laquelle on avait une vue imprenable en faisant le tour par derrière grâce à une grande baie vitrée. Absolument aucune intimité. Sur les côtés, les plaquettes habituelles sur le mode de vie de l'espèce illustrées de photos. C'est alors que j'ai été envahi d'amertume et de pitié pour cette pauvre créature. Car ces photos représentaient des vies de familles épanouies avec rires et jeux où chacun joue son rôle. Mais ici, dans le froid et la grisaille et la pluie, ce singe était seul entouré de silence, les bras croisés (songeur?) se grattant régulièrement le visage, les yeux pleins de fatigue et de larmes. Lorsqu'une autre famille est arrivée, avec des petits qui lui hurlaient dessus ou tapaient sur la vitre, cela l'a beaucoup agacé et il s'est mis à taper sur la vitre en signe de protestation. On a beau être rongé par la solitude, cette dernière est toujours préférable à la présence de certaines personnes qui vous importunent. J'ai bien tenté de communiquer avec cet ancêtre, mais aucune réponse en retour. Un regard vide de toute expression. Je l'ai donc laissé là pour poursuivre mon chemin en pensant que de nos jours certaines personnes âgées partagent un destin semblable, fait de solitude, de froid, d'absence. A quoi rêve ce singe? A-t-il quelques regrets? A-t-il une famille? Quelques recherches m'en on appris un peu plus sur la biographie de ce vieux chimpanzé.Pour plus d'infos sur Jojo: http://www.estrepublicain.fr/une/lesnews/art_1186261.php